On a collaboré étroitement avec une danseuse-actrice, travaillé la pièce ensemble : choix des tenues, des couleurs, de l’espace. La danse était en improvisation totale, ce qui a rendu le montage particulièrement exigeant : tourné avec deux téléphones, il a fallu raccorder des prises qui n’avaient rien à voir entre elles. Un vrai travail de couture au montage.
Au lieu d’une interview, on a cherché un poème écrit par une victime. On a trouvé notre texte dans Rouge Pute, un recueil fort, dont les mots viennent se poser en fond sonore sur la danse.
On ne voulait pas montrer la violence. On voulait la faire ressentir avec la danse comme langage pour retranscrire la souffrance, le chaos intérieur que les mots seuls ne suffisent pas à dire. Pas de pitié, pas de démonstration. Une forme de compréhension qui place le spectateur à l’intérieur plutôt qu’en face.
Le poème de Rouge Pute apporte la voix. La danse apporte le corps. Ensemble, ils font ressentir ce qu’un témoignage classique n’aurait pas pu.